La durabilité naturelle du bois et les traitements de préservation

Le bois est une notion générique, qui englobe de nombreuses essences, feuillues, résineuses, tropicales, ayant chacune des propriétés physiques, mécaniques et esthétiques qui lui sont propres. C’est un matériau naturel en constante interaction avec son environnement, et notamment avec l’eau, qui peut par conséquent être sujet à des attaques biologiques. Une mise en oeuvre et des traitements adaptés lui assurent toutefois une excellente durabilité dans le temps.

Mis en oeuvre en extérieur, le bois interagit avec son environnement. Pour assurer la durabilité de l’ouvrage, il est nécessaire de prendre en compte les conditions dans lesquelles le bois sera mis en oeuvre, et d’en déduire l’essence appropriée.  Diverses notions sont à maîtriser pour comprendre la durabilité du bois et choisir au mieux son essence et le traitement de préservation à appliquer.
Cet article traitera uniquement des traitements de préservation, c’est à dire des traitements qui assurent la pérennité du bois et sa résistance aux attaques biologiques. Les traitements de finition, qui traitent l’esthétique du matériau sont étudiés dans cet article.  Si vous souhaitez dans un premier temps découvrir ou redécouvrir le matériau bois, rendez-vous ici.

1. La classe d’emploi : liée à l’ouvrage

La classe d’emploi est une notion très importante lorsque l’on parle de la durabilité du bois. elle correspond au niveau d’exposition du bois mis en oeuvre à l’eau, et ainsi son risque d’être altéré. Cette classe varie selon la localisation de la pièce de bois dans l’ouvrage. Ainsi, dans une maison ossature bois avec un bardage et une charpente traditionnelle, tous les bois n’auront pas la même classe d’emploi, et il faudra adapter l’essence à son usage. Cette classe d’emploi est issue d’une norme européenne, pour que les consommateurs s’y retrouvent plus facilement.

2. Durabilité naturelle ou conférée : liée au bois

Une fois la classe d’emploi trouvée, le traitement du bois n’est pas systématique.
En effet, chaque essence possède une durabilité naturelle, qui est parfois suffisante à sa mise en oeuvre sans traitement de préservation. Le tableau ci-dessous récapitule la durabilité naturelle des principales essences disponibles en Auvergne-Rhône-Alpes.

La durabilité naturelle des principales essences d'Auvergne-Rhône-Alpes

On observe dans le tableau qu’on parle des essences purgées d’aubier. En effet, l’aubier d’un arbre n’est jamais naturellement durable. On privilégiera dans certains cas des essences purgées d’aubier pour ne pas avoir à les traiter. Cependant, si ce n’est pas économiquement intéressant d’utiliser les essences purgées de leur aubier, on traitera l’intégralité de la section.

si l’essence n’est pas suffisamment durable, on peut lui apporter, via un traitement de préservation, une résistance accrue aux attaques : on parle alors de durabilité conférée.

La durabilité naturelle ou conférée est observée vis-à-vis de 3 types d’attaques biologiques :

  • les champignons lignivore (de 1- très durable à 5-non durable)
  • les termites (Durable, Moyennement durable ou Sensible)
  • les insectes à larves xylophages (Durable ou Sensible)

Il ne faut pas confondre classe d’emploi et durabilité naturelle : la classe d’emploi est liée à une partie de l’ouvrage, alors que la durabilité naturelle/conférée est liée à l’essence ! Par exemple, un ouvrage qui nécessite de la classe 4 ( un platelage de terrasse par exemple) nécessitera une essence de classe de durabilité 1 (très durable) vis à vis des champignons.

3. Traitement du bois

Si on souhaite utiliser une essence pour son ouvrage mais qu’elle n’est pas suffisamment durable naturellement pour être mise en oeuvre (et qu’elle est imprégnable), on procède alors à un traitement de préservation. Il existe de nombreux procédés. Nous parlons ici de procédés qui améliorent les propriétés fonctionnelles du bois et donc sa durabilité, et non ses propriétés esthétiques.

  • Les procédés par adjonction de produit

Il existe différents procédés, mis en oeuvre selon la classe d’emploi à atteindre, l’essence traitée et le produit utilisé.

On utilise notamment le trempage, la pulvérisation et le badigeonnage pour atteindre des classes d’emplois 1 à 3.1. Cela consiste à appliquer une fine couche de produit en périphérie de la section. Le bois traité de cette manière ne doit plus être usiné après traitement, car les zone usinées ne seront pas protégées et seront sensibles aux attaques. Pour atteindre les mêmes classes d’emploi, on peut également utiliser le procédé sous-vide, qui permet une pénétration un peu plus profonde du produit.

Pour atteindre les classes 4 et 5, on  utilise le procédé sous pression (autoclave vide-pression alterné). Attention, on associe souvent les notions d’autoclave et de classe 4, cependant, seul ce procédé vide pression alterné permet d’atteindre la classe 4, contrairement au procédé double vide.

  • Les procédés par modification moléculaire du bois

Certains procédés consistent à modifier certaines molécules du bois par différents moyens.

  • Les modifications physiques

Le traitement haute température consiste à chauffer le bois (jusqu’à 300°c maximum) afin de modifier ses composants pour qu’ils soient moins hydrophiles. Ce traitement permet d’atteindre une classe d’emploi 3 maximum.
Cette méthode permet de valoriser des essences feuillues en leur conférant une meilleure durabilité. De plus, ce traitement modifie également l’esthétique du bois qui prend une couleur caramel. on considère donc le traitement haute température comme un traitement de préservation mais également de finition.  Attention, la modification chimique des composants du bois provoque également une modification structurelle : on ne peut pas utiliser le bois traité thermiquement en structure, mais uniquement en parement ou en platelage.

  • Les modifications chimiques

La furfurylation (procédé Kebony®) et un procédé qui consiste à injecter de l’acide furfurylique dans le bois. Ce procédé permet d’augmenter la durabilité des essences, mais son coût très élevé reste un frein à son utilisation. De plus, il n’existe pas de fabrication française.

Enfin, l’acétylation (Accoya ®) consiste à injecter de l’anhydride acétique, un dérivé du vinaigre, dans le bois pour le rendre plus hydrophobe. Cela permet d’augmenter sa durabilité. Ce traitement permet de bons résultats, mais le coût reste à ce jour très élevé.

Evidemment, les professionnels du bois pourront vous aiguiller sur le choix à faire pour votre projet. N’hésitez pas à les consulter ! 


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